Un bonheur insoutenable - Ira Levin
- mandyrighini
- 11 mai 2025
- 3 min de lecture
Un bonheur insoutenable
Ira Levin
Paru en 1970
Chez J'ai Lu

Résumé :
Dans un futur qui n'est peut-être pas très éloigné, toutes les nations sont désormais gouvernées par un ordinateur géant, enfoui sous la chaîne des Alpes.
Les humains sont programmés dès leur naissance — du moins ceux qui ont été autorisés à naître — et sont régulièrement traités par des médicaments qui les immunisent contre les maladies, mais aussi contre l'initiative et la curiosité.
Il y a cependant des révoltés. L'un deux, surnommé Copeau, va redécouvrir les sentiments interdits et d'abord l'amour. Il s'engage alors dans une lutte désespérée contre ce monde trop parfait, inhumain, qui accorde, certes, le bonheur à tous, mais un bonheur devenu insoutenable parce qu'imposé.
Avis :
Le mieux est souvent l'ennemi du bien, surtout lorsqu'il est question de l'être humain...
Quoi de mieux qu'une dystopie pour nous en faire un cruel rappel. Ce classique SF, qui date du XXe siècle, est toujours autant d'actualité. Il montre ce qu'on peut faire de pire, tout en dénonçant le progrès et l'idée d'une société utopique.
J'ai tout bonnement adoré et été terrifiée à la fois. La proposition n'est pas super originale. On connaît le schéma habituel. Cette fois, une société dite la "Famille" est régie par Uni, un ordinateur sachant ce qui est bon pour elle. Les "Frères" sont uniformisés jusqu'à leur nom et doivent toujours vivre pour le bien commun.
Les thèmes dénoncés sont aussi assez attendus. Il est question d'endoctrinement, de contrôle de l'effectif de population ou encore du devoir de mémoire.
L'originalité, à mon sens, réside dans l'ambivalence et la dualité des sentiments. L'accent est étrangement mis sur la notion de consentement, à tous les niveaux, et la sexualité est mis en avant.
Mais surtout, tout est d'une justesse implacable. L'auteur montre les 2 penchants et nous renvoie nos erreurs en pleine tête. L'individualisme causera notre perte. Les preuves sont nombreuses mais c'est la ségrégation dont les "natifs" font preuve qui m'a le plus choquée.
Enfin, la fin est bien menée comparé à ce que propose souvent le genre, où tout reste en suspens.
Et comme de coutume, j'en retiens que le meilleur moyen pour contrôler une population reste la fameuse lueur d'espoir. Croire en en semblant de liberté. Mais pas trop...
"De mon temps —tu m'écoutes ?— il y avait plus de vingt noms différents rien que pour les garçons ! L'aurais-tu cru ? Par l'Amour de la Famille, c'est la vérité."
"Je veux la classification qu'on me donnera, celle pour laquelle je suis fait. Et les affectations qu'on me donnera, celles où la Famille a besoin de moi. De toute façon, il n'y a qu'une seule affectation : aider l'extension..."
"Essaie de vouloir quelque chose, Copeau. Essaie un ou deux jours avant ton prochain traitement ; c'est le meilleur moment pour essayer de vouloir réfléchir."
"Et il y aura des jours où tu nous haïras, continua Lilas sans se troubler, parce que nous t'aurons éveillé, parce que nous t'aurons empêché de continuer à vivre comme une machine. Les machines se sentent bien dans l'univers ; les individus lui sont étrangers."
"Et pourtant, cela vaudrait la peine de savoir. Est-ce que cela importe tellement d'être heureux ou malheureux ? Savoir la vérité nous apporterait un bonheur différent, plus satisfaisant, je pense, même si, c'était un bonheur triste."





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