Trois - Valérie Perrin
- mandyrighini
- 4 nov. 2024
- 3 min de lecture
Trois
Valérie Perrin
Paru en 2022
Chez Le livre de poche
Résumé :
Je m'appelle Virginie. Aujourd'hui, de Nina, Adrien et Étienne, seul Adrien me parle encore. Nina me méprise. Quant à Étienne, c'est moi qui ne veux plus de lui. Pourtant, ils me fascinent depuis l'enfance. Je ne me suis jamais attachée qu'à ces trois-là.
1986. Adrien, Étienne et Nina se rencontrent en CM2. Très vite, ils deviennent fusionnels et une promesse les unit : quitter leur province pour vivre à Paris et ne jamais se séparer.
2017. Une voiture est découverte au fond d'un lac dans le hameau où ils ont grandi. Virginie, journaliste au passé énigmatique, couvre l'événement. Peu à peu, elle dévoile les liens extraordinaires qui unissent ces trois amis d'enfance. Que sont-ils devenus ? Quel rapport entre cette épave et leur histoire d'amitié ?
Avis :
Là, ça va être le bazar. je sais pas quoi vous dire vu tout ce que j'ai ressenti.
Ce pavé, raconté par Virginie, évoque l'histoire de 3 amis : Nina, Etienne et Adrien. Ils se sont rencontrés à l'école et dès lors, la vie n'a eu de cesse de les rapprocher.
Entre destin, hasard et effet papillon, on alterne avec le passé et le présent. Il y a tant de secrets, de non-dits, de vécus... C'est intense, vivant et vrai. Quel rapport entre cette voiture retrouvée au fond du lac aujourd'hui et les liens d'amitié des trois ? Y a t-il un mort ? Un coupable ? Des coupables ? Parfois, la vie n'est qu'un enchaînement de petites choses, si infimes qu'on ne voit pas l'impact qu'elles pourraient avoir. Et pourtant...
Comparé à Changer l'eau des fleurs où je n'avais ressenti que de la colère, là, j'ai été dépassée par mes émotions. On parle de deuil, de relation toxique, d'emprise mentale, de place au sein de la famille, de maladie et tant d'autres choses. A travers la relation fusionnelle des trois, l'autrice évoque tout, sans tabou et avec une authenticité qui force le respect. Elle invite au questionnement, à l'ouverture d'esprit.
Car je l'avoue, moi aussi, j'ai jugée. J'ai été dure avec certains persos. Finalement, surtout Nina. Puis, j'ai compris. J'ai eu honte. Je sais pourtant ce que ça fait d'être de l'autre côté. De s'oublier soi-même.
Sinon, j'ai eu un coup de cœur pour Louise. L'abnégation, l'altruisme et la force incarnée. Mais Louise, c'est Adrien qui en parle le mieux.
Enfin, j'étais énervée de ne pas comprendre. Bon dieu, je sentais que je passais à côté de quelque chose de gros. Des incohérences que je cherchais à m'expliquer. C'est quoi leur lien à tous ? Qui aime qui à la fin ?! Puis j'ai eu un flash et j'ai dit "oh put*** de mer**." Oui pas très poli mais j'étais sur les fesses et ça m'a échappé.
Alors pari réussi pour ce livre qui m'a happée, choquée durant 761 pages et qui restera indéniablement dans ma tête.
"Quand on change de vie, on change de parfum."
"Nina pense que dans la vie, il y a ceux qui restent et ceux qui partent. Et puis il y a ceux qui abandonnent."
"-J'croyais que vous ne vouliez plus de chien chez vous !
-Moi aussi, je croyais. Tu sais, Nina, on croit. Et puis on se trompe."
Et Adrien lui glisse à l'oreille : "Pour toi, nous aurons toujours une voiture neuve avec le plein d'essence."
"Je crois que dans tout roman il y a certaines vérités, des racines qui se nourrissent du réel, et que dans les autobiographies il y a beaucoup de mensonges."
"Qui cesse d'être un ami ne l'a jamais été.
Et plus mon cœur y pense et plus il est blessé."
"-Moi, je ne supporterais pas, souffle Nina.
-Bien sûr que si. Ce qui est insupportable, c'est de ne rien faire."
"-T'as peur de quoi ?
-Du bonheur, de la libération, de devenir qui je suis. J'ignore qui je suis."
"Nina a appris qu'on ne construit rien avec quelqu'un, ni pour quelqu'un. Qu'une existence se fonde seul et que si par miracle on rencontre une âme un peu sœur, c'est cadeau."
"Que faisait-il avant de la rencontrer ? Il faut toujours se demander de quoi était fait notre quotidien avant de croiser la personne qui a bousillé notre vie. Peut-être repartir de là où on était avant de se tromper de direction."
"-Mourir, ça prend un r ou deux ? [...]
-Un seul r mais quand tu le conjugues au futur, deux. Sinon, "vivre" c'est plus simple, c'est un r à tous les temps."






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