Les Yeux d'Elisha - Timothée De Fombelle
- mandyrighini
- 31 mars 2025
- 3 min de lecture
Les Yeux d'Elisha
Tobie Lolness, tome 2
Timothée De Fombelle
Paru en 2007
Chez Gallimard jeunesse

Résumé :
Le monde de Tobie est menacé ! Le grand chêne est blessé à mort par un cratère qui ronge son coeur.
Les mousses et les lichens ont envahi ses branches.
Léo Blue règne en tyran sur les Cimes et retient Elisha prisonnière.
Les habitants se terrent. Les Pelés sont chassés sans pitié.
Pourtant, dans la clandestinité, Tobie se bat, et il n'est pas le seul.
Au plus dur de l'hiver, la résistance prend corps.
Tobie parviendra-t-il à délivrer les siens et à sauver son monde fragile ?
Retrouvera-t-il Elisha ?
Au coeur d'un inoubliable monde miniature, le second et dernier tome d'un grand roman d'aventure, d'amitié et d'amour.
Avis :
J'ai trop tardé à finir cette duologie et ça a failli me jouer des tours...
En toute franchise, ce jeunesse est tellement riche qu'il peut devenir dur à appréhender, autant sur le fond que la forme. Alors n'ayant plus très bien le début de l'histoire en tête, je coulais.
Pourtant, j'ai fini par me reprendre et nous repartons sur un petit coup de cœur. Je maintiens que le livre est plutôt complexe et qu'un enfant de 10ans pourrait se sentir perdu et surtout passer à côté de toute l'intelligence de la plume de l'auteur.
C'est-à-dire qu'il y a clairement différents niveaux de lecture et que suivant l'âge, on ne verra pas du tout l'aventure de Tobie avec les même yeux. Timothée de Fombelle propose un pseudo conte sur un petit peuple vivant dans les arbres aussi doux que potache aux airs de Roald Dalh tout en faisant une critique de notre société.
L'action s'enchaîne sans répit et tout ce qui était resté en suspens dans le tome 1 prend sens. Les info s'emboîtent comme des poupées russes et on se fait aisément surprendre par les liens des persos.
Mais surtout, je suis ébahie par la virulente satire du totalitarisme ambiant. Tout en le pointant du doigt, l'auteur parvient à en ressortir que du bon. Il appelle à l'écoresponsabilité, à la tolérance, au pardon et à l'acceptation de la différence avec une sincérité touchante.
"Tobie demeura silencieux. Il savait que même à dix ans, écorché de partout, éprouvé par la vie, on peut se sortir de toutes les griffes."
"Dans le roncier, Jalam avait commencé à tout dire parce qu'il croyait mourir. Mais la vie était revenue en lui avec ses verrous et ses barricades. On ferait mieux de donner à toute sa vie la transparence des derniers instants."
"C'était donc cela, l'indépendance et la liberté que lui vantait son père... Fermer les yeux, ne rien voir, laisser les autres souffrir à l'orée des forêts."
"On va te soigner. Ma mère sait tout guérir. Tu vas vivre, Léo. Ton père voudrait que tu vives. Tu as juste perdu du temps. La vie commence, Léo. Ça commence..."
"Si la bêtise avait un poids, le major aurait déjà fait craquer la branche. Il était assis sur l’écorce, les pieds dans le vide, et il jetait des flèches vers une forme noire qui gesticulait juste en dessous.
Le major Krolo était bête, infiniment bête, et il mettait une très grande application dans sa bêtise. Dans cette discipline, c’était plus qu’un professionnel : c’était un génie."
"Il n'y a rien que l'on défende aussi vaillamment que ce que l'on n'a plus."





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