Les carnets de Cornélius Renard - Mickaël Brun-Arnaud
- mandyrighini
- 9 janv. 2024
- 3 min de lecture
Les carnets de Cornélius Renard
Mémoires de la forêt, tome 2
Mickaël Brun-Arnaud
Paru en 2023
Chez L'école des loisirs

Résumé :
Les festivités d’automne débuteront bientôt à Bellécorce. La forêt prend des airs de fête et tout le monde s’y prépare. Mais, chez Archibald Renard, arrive soudain un visiteur qui risque bien de gâcher les réjouissances : Célestin Loup prétend, documents à l’appui, être le véritable propriétaire de la librairie, qui aurait appartenu à son grand-père.
Expulsé de ce lieu qui est toute sa vie, Archibald doit faire la vérité sur cette histoire. Accompagné de son neveu Bartholomé, il part en quête des carnets que son propre grand-père, Cornélius, désormais incapable de s’exprimer par lui-même, a confié à une mystérieuse société secrète. Et celle-ci semble déterminée à s’assurer que le renard est digne des souvenirs de son ancêtre…
Avis :
Et bam, encore une claque aller-retour avec ce 2e opus.
On suivra cette fois la quête d'Archibald Renard, exproprié sans ménagement de sa librairie. Il partira à la recherche des carnets cachés de son grand-père pour percer les secrets de son histoire.
J'ai de suite retrouvé les ingrédients qui faisaient le charme du 1er roman. On recroise les animaux qui nous ont séduit par le passé comme Ferdinand Taupe et les douces contrées automnales qui font rêver. En lisant ce livre, je me suis aussi revue devant ma télé avec Franklin et tous ses amis. Le retour en enfance était grisant.
Puis, la plume digressive est douce à souhait. J'adore écouter ces petits persos et leurs adorables déboires. Et même à Bellécorce, les œuvres de littérature ne manquent pas ! Elles avaient d'ailleurs de délicieuses ressemblances avec les nôtres.
On en arrive à ce qui m'émerveille le plus dans cette saga : l'anthropomorphisme ambiant. Je suis fascinée par les attributs humains que l'auteur donne à ses persos sans jamais verser dans le too much ou le trop enfantin. Il évoque encore une fois la maladie avec l'orage du cerveau qui s'apparente à un AVC ou peut-être un lymphome.
Et il aborde quantité de thèmes qui m'ont touchée. Il parle d'amitié, de secrets familiaux, d'amour, d'inclusivité, d'évolution des mentalités, de la peur d'être soi.
Mais ce coup-ci, j'ai été choquée par le pseudo panurgisme que j'ai ressenti lors de l'expulsion d'Archibald. Le rejet de la foule et la facilité avec laquelle certains ont retourné leur veste et suivi la mêlée plutôt que de soutenir un vieil ami, m'ont laissée coite.
Le dernier thème qui revient et qui me tient à cœur de souligner est le devoir de mémoire. Il est justement décrit et c'est important d'en parler. Il faut prendre soin des livres. Ils sont notre passé, notre présent et notre futur.
Je terminerai en disant que lorsque la boîte de Pandore de Cornélius a été ouverte, je pleurais comme une madeleine. C'est criminel de verser tant de larmes avec un jeunesse mais Pomme alors, que c'était beau !
"A quoi bon tirer sur le fil des souvenirs si l'on n'est pas certain qu'il y ait encore une bobine derrière ?"
"J'ai trouvé sous mon oreiller
Le pouvoir de vaincre mes rancunes,
De noyer mes peines dans l'encrier,
Voici la Confrérie des plumes."
"Tu ne pourras jamais être vraiment malheureux si tu as fait de ton mieux."
"Il est plus facile de laisser quelqu'un s'asseoir à la place d'un autre lorsque cette place est vide et qu'on a accepté l'absence de celui qui l'a un jour occupée."
"Après tout, seuls les personnages des livres étaient à l'épreuve du temps."
"Pour tous ceux qui sont rassurés par le fait que les arbres restent à la même place, les branches poussent toujours un peu trop vite..."
"Quand l'omnibus de la mémoire s'en allait avec nos souvenirs les plus précieux, il était rare qu'il repasse nous rendre ce qu'il avait emporté..."
"Même si c'était difficile, il n'était pas bon de garder des portes fermées dans les placards de nos mémoires : les regrets avaient tendance à s'y installer..."





Commentaires