Le Rouge et le Noir - Stendhal
- mandyrighini
- 11 janv. 2025
- 3 min de lecture
Le Rouge et le Noir
Stendhal
Paru en 1830

Résumé :
La jeunesse, l'ambition, la volonté d'être aimé au-dessus de ses moyens, ces vertus s'incarnent dans Julien Sorel, dix-neuf ans aux premières pages du roman de Stendhal. Fils du charpentier, le jeune homme devient précepteur chez les Rênal. Le tendre loup est entré dans la bergerie : commence alors une des plus exaltantes histoires d'amour qui soit. Louise de Rênal, son ainée, épouse de son employeur, mère des trois enfants à qui il enseigne le latin, succombe à son charme... Première partie de son éducation sentimentale qu'il poursuivra à Paris auprès de Mathilde de La Mole. Le tout au galop, jusqu'au bout, et crânement.
Avis :
Pfiouuu le joli pavé qui me faisait de l'œil depuis longtemps. Quel bonheur de revenir à mes amours pour le classique ! Et ce roman est d'une incroyable richesse.
Déjà de par l'époque. C'est le genre de littérature qui nous apprend tant sur notre passé. En pleine période de la Restauration, il est question de politique, de fraction sociale.
Puis, même si certaines passage ont pu me sembler un peu longs, notamment en début de 2nde partie, j'ai fini absorbée par le dernier tiers. Je me suis passionnée pour le jugement de Julien et me suis énormément questionnée sur le niveau de corruption déjà présent à l'époque.
Mais surtout, ce roman parle de l'ascension sociale hors norme de Julien Sorel, simple fils de charpentier. Aujourd'hui, on le qualifierait aisément de morally grey. Les persos sont d'une affreuse complexité. Julien est-il un arriviste qui se sert de la faiblesse des cœurs féminins ou un doux rêveur qui n'entend rien à la dureté du monde ?
Parce que oui, on parle aussi beaucoup d'amour. Mais est-ce l'amour de l'autre ou l'amour de soi qui prime ? Au final, n'est-il pas surtout question d'orgueil ?
Et là, impossible de donner tort ou raison à qui que ce soit, ni de désigner un coupable. En revanche, mon antipathie va indéniablement à Mathilde qui m'a ulcérée à cause de son caractère vaniteux. Sa façon de tromper l'ennui était d'une tristesse absolue...
La fin, elle, est grandiose et c'est Mme de Rênal qui aura su me toucher plus que de raison grâce à la pureté de ses sentiments.
"Un roman : c'est un miroir qu'on promène le long d'un chemin."
"Je ne m'abaisserai jamais à parler de mon courage, dit froidement Julien, c'est une bassesse. Que le monde juge les faits."
"J'ai donc mérité la mort, messieurs les jurés. Mais quand je serais moins coupable, je vois des hommes qui, sans s'arrêter à ce que ma jeunesse peut mériter de pitié, voudront punir en moi et décourager à jamais cette classe de jeunes gens qui, nés dans une classe inférieure et en quelque sorte opprimés par la pauvreté, ont le bonheur de se procurer une bonne éducation et l'audace de se mêler à ce que l'orgueil des riches appelle la société.
Voilà mon crime, messieurs, et il sera puni avec d'autant plus de sévérité, que, dans le fait, je ne suis point jugé par mes pairs. Je ne vois point sur les bancs des jurés quelque paysan enrichi, mais uniquement des bourgeois indignés."
"C'est singulier, le verbe guillotiner ne peut pas se conjuguer dans tous ses temps ; on peut bien dire : Je serai guillotiné, tu seras guillotiné, mais on ne dit pas : J'ai été guillotiné."





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