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Le matrimoine - Hervé Bazin

  • mandyrighini
  • 20 avr. 2025
  • 3 min de lecture

Le matrimoine

Hervé Bazin

Paru en 1966

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Résumé :

Dans la langue familière, se marier est souvent pris comme synonyme de faire une fin, ce qui semble impliquer qu'a été conclue une association assurant au nouveau couple l'opulence et la paix jusqu'à son dernier jour. Or ce jour-là est lointain, ceux qui s'écoulent entre-temps onéreux et la fin est en réalité celle de la vie antérieure à la cérémonie : tel est le paradoxe du mariage dont le jeune avocat angevin Abel Bretaudeau mesure la vérité dès le retour du voyage de noces. Rien ne l'a préparé à l'existence à deux qui commence pour lui avec Mariette Guimarch, fille de bonnetiers prospères. A deux ? C'est compter sans l'invasion de la belle-famille, puis bientôt d'une nouvelle génération de Bretaudeau, tous profondément marqués par l'éducation Guimarch. Ainsi le veut la tendance du siècle où le sceptre échappe au roi pour passer aux mains de la reine, où le patrimoine se transforme en matrimoine pour la plus grande gloire de la méragosse... et son plus grand souci. Abel le note d'une plume tour à tour vengeresse, amusée, attendrie, au fil de cette chronique d'un ménage pareil à tant d'autres qui est aussi la chronique spirituelle et percutante des moeurs de notre temps.


Avis :

Cynique à souhait, d'un point de vue masculin et pourtant avec une touche d'objectivité, Le matrimoine fait état de ce qu'est le couple dans sa globalité.

On parlera peu de la rencontre, peu du après mais surtout du pendant. Bazin veut nous montrer tout ce qui fait pression sur le couple, ce qui l'amène à se dégrader au quotidien. Il le fait en apportant de la nuance. La faute n'est pas totalement à rejeter sur le mari ou la femme. Abel en a bien conscience et ce désagréable constat l'accable au plus haut point. Il n'est pas heureux et ne peut en vouloir à Mariette. C'est pire...

Les raisons ? Elles sont multiples mais les enfants arrivent indéniablement en tête. Déjà source naturelle de complications, Mariette a en plus attrapé la maternite aigüe. Et non pas qu'Abel ne les aime pas, il peine juste à trouver sa place. De fait, il va se renfermer, faire des erreurs et accuser le féminin dans son entièreté au passage.

Pour autant, malgré ses éclats et des propos anti-féministes, je ne me suis jamais offusquée. Il y est fait le procès de la femme au sein du ménage, certes, mais avec ambigüité et sans la dénigrer complètement.

Et puis, il est question de société puisqu'on parle d'avortement et de contraception avec l'arrivée de la pilule en France.

En conclusion, j'ai tout bonement adoré cette lecture et décidé d'en retirer que ce qui peut faire avancer. Se mettre dans la peau du sexe opposé peut aussi avoir du bon.

"Il y a décidément des maladies spéciales aux femmes. Métrite, Salpingite. La tienne fait une inflammation de la maternité. J'appelle ça la maternite."


"Et pourtant le plus grand vice du consentement, c'est le temps, qui en détruit les motifs."


"Elles crient : mon tout ; Elles pensent : mon toutou."


"À propos de ta femme, évidemment, le plus difficile, ce sera que tu lui pardonnes de l'avoir trompée ! Et que tu veuilles bien l'aider : à quoi bon faire un effort pour rester séduisante, si personne ne vous regarde ?"


"La société serait idéales si toutes les femmes étaient mariées et tous les hommes célibataires."


"Le mariage est une place assiégée : ceux qui sont dedans voudraient en sortir ; ceux qui sont dehors voudraient y entrer."


"Il suffit d'admettre que la réussite (montrez-m'en donc une vraie !) n'existe pas pour diminuer le sentiment de l'échec, le trouver relatif, refuser de s'y complaire."

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