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La vie suspendue - Timothée De Fombelle

  • mandyrighini
  • 12 oct. 2024
  • 3 min de lecture

La vie suspendue

Tobie Lolness, tome 1

Timothée De Fombelle

Paru en 2008

Chez Gallimard jeunesse

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Résumé :

Tobie n'est pas un garçon comme les autres. Agé de 13 ans, portant une cicatrice horizontale sur la joue, il est le fils d'un grand homme, d'un merveilleux savant. Il vit dans un arbre et ne mesure pas plus d'un millimètre et demi.


Il est exilé avec sa famille pendant cinq ans dans les basses branches parce que son père n'a pas voulu révéler le secret d'une invention révolutionnaire. Jusqu'au jour où ses parents sont emprisonnés. Tobie est alors pourchassé par son propre peuple, obligé de se cacher et de vivre la nuit "comme ces animaux nocturnes, anonymes, invisibles".


Avis :

Voilà un livre dont je n'attendais rien. Le résumé me tentait moyennement. Face à la pression collective, j'ai cédé. Oh combien j'ai eu raison !

Je ne sais pas par où commencer tellement ce jeunesse est parfait, rempli d'intelligence. Je vais m'emmêler, oublier pleins de thèmes, mais au moins ça vous laissera une part de surprise. Et je vais juste vous dire ce qui se passe dans ma tête en l'instant.

Dans cette aventure fantastique, il est question de peuple miniature et d'un enfant qui se retrouve, sans vraiment en comprendre la raison, traqué par les siens. Vous savez, toujours le même rengaine. On frôle le genre dystopique avec la notion d'organisation sociétale, d'abus de pouvoir et de tyrannie.

La plume, à l'exception de la non linéarité du récit qui a pu parfois m'embrumer, est d'une vraie finesse et le worldbuilding aussi. Tout est sous forme de métaphores, allégories, satires et autre figures de substitution. L'auteur parvient à enrober l'ensemble d'une quête pleine d'humour et de rebondissements. Alors les enfants seront conquis, tout en s'ouvrant au monde qui les entoure, tandis que les adultes ne pourront s'empêcher de sourire et de tout comparer avec la société d'aujourd'hui.

Car autant vous dire que les dénonciations des travers humains, vous en trouverez à la pelle. J'ai été particulièrement déçue de voir à quelle vitesse les gens vendaient leur âme au diable et dénonçaient au nom de rien. Et j'étais presque encore plus triste de voir leurs regrets inutiles, qui arrivaient malheureusement trop tard. Il est si aisé après coup de se dire "si j'avais su" quand on a été dupé...

Enfin, parlons des Pelés. Je les imaginais à l'image du peuple d'Un indien dans la ville, surtout dans leur façon de passer à l'âge adulte. J'ai aussi été émue par l'appel à la tolérance que l'auteur nous crie à tue-tête grâce à eux. Oui, il faut accepter la différence !

Le fond n'est pas en reste et la fin relance la machine de cette folle aventure. Je trépigne à l'idée de la suite !

"-Je ne t'ai jamais raconté pourquoi on est venu dans les Basses-Branches.

-Tu n'étais pas obligé de me raconter.

Non, il n'était pas obligé. On n'est jamais obligé de dire les choses importantes à ses amis, mais le jour où on le fait, la vie devient plus douce."


"Il découvrait qu'on avait offert une récompense pour lui. Il coûtait un million. Tobie n'en était pas mécontent. Il pensa qu'un million valait la peine d'être défendu."


"Sa mère lui avait appris à lire à l'âge de trois ans, lui disait que les mots sont les combattants de l'ombre. Si on choisit de devenir leurs amis, ils nous aident toute la vie. Sinon, ils se mettent en travers de notre chemin."


"C'est ainsi que Mano devint l'esclave de la peur.

A côté de lui, le jeune Tobie, traqué, mis à prix, pourchassé, paraissait plus libre qu'un papillon."


"Quand on est comme ça, en grand danger, il faut faire des promesses. On a si peu de chances de s'en sortir, qu'on peut faire des promesses sérieuses..."


"Il comprit qu'on ne vit pas seulement d'air, d'eau, de chaleur, de lumière, de nourriture et de conscience du temps.

Alors, de quoi se plaignait-il encore ? De quoi vit-on en plus de tout cela ?

On vit des autres.

C'était sa conclusion.

On vit des autres."


"Un compliment, dit par un salopard, fait aussi plaisir qu'une bonne crème servie dans un cendrier sale."

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