L'esprit de l'hiver - Mickaël Brun-Arnaud
- mandyrighini
- 19 janv. 2024
- 3 min de lecture
L'esprit de l'hiver
Mémoires de la forêt, tome 3
Mickaël Brun-Arnaud
Paru en 2023
Chez L'école des loisirs

Résumé :
L'hiver et son manteau se sont posés sur la forêt. Les jours sont froids et les nuits sont longues, mais comme chaque année, les habitants de Bellécorce se réjouissent, à l'approche de la fête de Yule : les boutiques regorgent de jolies choses, les gourmandises se préparent, et beaucoup prennent la direction du Grand Nord pour assister aux aurores boréales.
C'est tout là-haut, dans les dangereuses vallées de Sombrehiver, que Pimprenelle et Séraphin Renard sont allés chercher un cadeau pour Bartholomé, leur fils à la santé fragile.
Mais ils ne reviennent pas le jour prévu....
Pour les retrouver, Bartholomé embarque avec son oncle Archibald sur l’Étoile de Bellécorce, un légendaire train à vapeur. Alors qu'à bord, les évènements étranges se succèdent, il fait la connaissance d'un mystérieux passager clandestin, qui pourrait bien détenir des informations cruciales pour leur enquête ...
Avis :
On prend les mêmes et on recommence ?
Ce 3e opus n'a pas été un aussi gros coup de cœur que les 2 autres mais il reste une très belle lecture.
Nous partons à l'aventure dans le grand Nord auprès de nos amis Renard et l'histoire prend la tournure d'une drôle d'enquête. Je l'ai trouvée plus enfantine et moins axée sur l'émotion.
Ne vous y méprenez pas, les ingrédients qui font la réussite de cette saga sont toujours présents. J'ai juste trouvé le roman moins intense comme si les idées de fond s'effaçaient pour laisser plus de place à l'action. Il est disons moins contemplatif.
Néanmoins, il est encore question de la maladie. Et je peux vous dire que l'auteur sait en parler et donne envie d'être plus à l'écoute des autres. En tout cas, pour ma part, le message est passé. Il évoque la maladie des poumons de Bartholomé mais au lieu de mettre en avant le négatif, de nous faire pitié, il montre surtout la résilience de ce dernier. J'ai été énormément touchée. Il parle aussi des difficultés d'élocution d'Archibald, et là encore le positif règne puisqu'il insiste sur la force qu'il lui a fallu pour parler en public.
Sinon, ce tome fait aussi preuve de nostalgie, ce qui je pense doit bien marcher auprès des adultes. On retrouve les persos auxquels on s'est attachés, surtout notre petit Ferdinand. Les références à de grandes œuvres sont toujours aussi mignonnes. Et surtout la notion d'amitié qu'on retrouve dans quasi chaque relation de nos persos est d'une sincérité sans pareille.
Mon seul bémol est le PT -un trait de génie selon moi- mais qui est amené de façon brouillonne. Pourtant ma lecture n'a pas été entachée et une fois n'est pas coutume, j'ai pleuré comme une madeleine.
Alors que dire sinon prenez votre ticket et montez vite à bord de l'Etoile de Bellécorce.
"Il ignorait alors que ce livre était sur le point de devenir le seul garant de la mémoire d'une adorable vieille taupe : Ferdinand, qui semait à la manière d'un Poucet de l'esprit ses souvenirs sur le parvis..."
"Le cœur est comme une horloge, il ne peut pas bien fonctionner si une contrariété est coincée dans ses rouages..."
"Hélas, nulle échelle n'était assez haute pour grimper au firmament."
"Il y a des secrets qui sont parfois si lourds à porter qu’il vaut mieux les partager."
"Théodore comprenait que, pour toujours se souvenir, il y avait des souffrances dont on ne voulait parfois jamais guérir."
"Personne ne devrait jamais être abandonné, pas même une boîte à bonbons vide ou un pantalon déchiré !"
"La tristesse dérobe la couleur de nos plus beaux souvenirs, qu'il suffit parfois d'un mot, d'un baiser pour raviver."
"Aubélin, à l'image de la petite aiguille des horloges qu'il fabriquait jadis, était toujours rattrapé par la grande aiguille. Celle-là même qui s'appelait "chagrin", et qui le terrassait vingt-quatre fois par journée."
"Mais pour avancer, il fallait prendre conscience de ce qui nous avait été enlevé."





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