Famille de menteurs - E. Lockhart
- mandyrighini
- 18 oct. 2024
- 3 min de lecture
Famille de menteurs
Nous les menteurs, livre 0,5
E. Lockhart
Paru en 2024
Chez Pôle Fiction
Résumé :
Mon nom complet est Caroline Lennox Taft Sinclair, mais on m'appelle Carrie. Je suis née en 1970. Voici l'histoire de mon dix-septième été. C'est l'année où les garçons étaient venus à Beechwood Island pour les vacances. Et l'année où j'ai vu un fantôme pour la première fois. Cette histoire, je ne l'ai jamais racontée à personne, mais je crois que c'est celle que Johnny veut entendre.
- Vous aviez de des problèmes ? Allez, dis-moi. C'est quoi le pire que vous ayez fait ? Allez, tu peux me le dire.
Parler de cet été-là va être douloureux. Je ne suis pas sûre d'y parvenir, mais je vais essayer. Parce que, voyez-vous, j'ai été une menteuse toute ma vie. Dans notre famille, ça n'a rien d'exceptionnel.
Avis :
Moins surprenant, plus lisible et toujours aussi choquant, ce préquel fait le boulot.
On est cette fois plongé dans les pensées de Carrie, une des tantes de Cadence. Elle tente, elle aussi, d'affronter un passé douloureux. Et manifestement, faire l'autruche est le lot de tous les Sinclair.
J'ai vu un progrès en terme de plume. Je me sentais moins perdue. Ou alors, je me suis juste habituée à ces esprits farfelus...
J'ai aussi appris à mieux apprécier le grand-père sur certains points. J'ai mieux compris les sœurs, mieux saisi les tensions ressenties dans l'autre livre. J'ai vu les choses sous un jour nouveau, même si je continue à détester les Sinclair. Ils sont les anti-héros par excellence.
Après, il faut reconnaître que malgré l'argent, la vie ne les a pas épargnés. Ils vivent des drames indéniables. On est obligé d'accepter que dans la vie, tout n'est pas noir ou blanc. Et certaines actions, bien qu'entièrement répréhensibles, on arriverai presque à les comprendre. La sensation est assez dérangeante...
Encore une fois, les thématiques sont puissantes. L'auteure parle de problèmes familiaux, de deuil, d'acceptation de soi, d'amour malsain, d'addiction, de pression de performance, d'anxiété. C'est effrayant, on se dit qu'on ne peut pas en sortir totalement indemne. Déjà juste la raison de l'opération de la mâchoire de Carrie est glauque.
Avec cette lecture, on remet les choses en question, on doute de la lucidité de Carrie et on ne peut s'empêcher de sentir des présences fantomatiques autour de soi. Car en réalité, qui protège qui dans l'histoire ? Qui est vraiment monsieur Renard ?
"Parce que, voyez-vous, j'ai été une menteuse toute ma vie.
Dans notre famille, cela n'a rien d'exceptionnel."
"Toutes les douleurs ne sont pas utiles, a dit Tipper. Parfois, ce n'est que de la douleur."
"Je ne peux pas te promettre d'être heureuse, ni même d'aller bien. Si je te parle de mes émotions, c'est pour te montrer que je ne cherche plus à les fuir."
"Elle mérite de ressembler à une Sinclair en ayant l'air forte à l'extérieur parce qu'elle est forte à l'intérieur. Et s'il faut faire ça pour elle, eh bien, on le fait."
"Je prends un somnifère parce que les événements de la journée m'ont particulièrement excitée. [...] Je déborde d'énergie, mais je suis épuisée. J'ai envie de m'endormir comme on éteint la lumière, en appuyant sur l'interrupteur."
"-Ce qu'on lit dans le journal, on ne peut rien y faire, alors pourquoi se focaliser là-dessus . Et on ne peut pas non plus changer le passé, alors pourquoi s'y attarder ?
-Mais dans ce cas, on n'a jamais... [...]
-On reste dans le noir complet, dis-je finalement."
"-C'est une limite arbitraire, dit Yardley.
-Les limites sont toujours arbitraires, déclare Harris d'un air détaché. La plupart des règles le sont, mais elles sont aussi nécessaires. Sinon, ce serait l'anarchie."






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