Déesse de la Mort - Jean-Luc Marcastel
- mandyrighini
- 16 févr. 2025
- 3 min de lecture
Déesse de la Mort
l'Agence Lovecraft, tome 2
Jean-Luc Marcastel
Paru en octobre 2022
Chez Gulfstream

Résumé :
En des temps immémoriaux, d'effroyables formes de vie dominaient le monde. En sommeil lorsque l'espèce humaine est apparue sur Terre, elles n'attendent que l'alignement de certaines étoiles pour régner à nouveau...
Après avoir échappé à l'effroyable Dagon, Ryan, Marie et Sergueï n'ont guère le temps de se reposer. Le docteur Sauvage leur apprend qu'ils doivent récupérer un calendrier astral qui permet de connaître la date et le lieu où s'incarnera le monstrueux Cthulhu, et ainsi l'empêcher d'arriver sur Terre. Hélas, ils ne sont pas les seuls à convoiter cet artefact. Les Profonds sont de la partie, mais aussi les redoutables Mi-Go, les créatures qui ont mis le cerveau de Kali en boîte. Dans cette course contre la montre, les intentions des uns et des autres se révèlent, et les ennemis ne sont peut-être pas ceux qu'on croit...
Avis :
Le retour de Cthulhu nous guette et il devient difficile pour l'Agence d'y voir clair. Le monde s'assombrit, de terribles créatures affluent tous azimuts. Des alliances sont-elles encore possibles pour la survie de l'humanité ?
J'ai replongé avec délice dans ce jeunesse horrifique en retrouvant les ingrédients du 1er qui m'avaient séduite. J'ai laissé un long laps de temps entre les 2 tomes et j'avais peur d'être perdue. Bien au contraire, l'auteur glisse subtilement des éléments récapitulatifs.
Et sa plume est un don. Je suis admirative de sa complexité tout en fluidité. J'aime ses mots. Jean-Luc n'a pas son pareil pour les descriptions. Impossible de m'y substituer. Je voyais ces horribles créatures et les scènes apocalyptiques se dessiner sous mes yeux. On ne rogne pas sur le glauque. Ici, c'est l'apologie du plus. Le pire pour moi restant les hommes poissons et leur appel à l'océan qui me liquéfiait.
En bon jeunesse, ce livre se dévore et n'est qu'action. Chaque scène est percutante et lisible. On n'en ressort pas l'esprit embrumé.
Au milieu de cette horreur, l'auteur place même une ébauche de romance aussi originale que touchante. Ainsi, on s'attache aux persos, ce qui n'est pas évident avec ce type de lecture, privilégiant parfois l'action au détriment de l'émotion. J'aime particulièrement Kali et son background.
Enfin, on dirait que Jean-Luc a pris les travaux de Jules Verne et de Lovecraft pour en pousser plus loin les investigations. De quoi intriguer les non initiés tout en ravissant les adeptes !
Avec ce tome, la tension monte crescendo jusqu'à Cthulhu et je me sens plus investie que jamais auprès de l'Agence !
"Le hurlement déchirant du malheureux, alors que le long appendice commençait à le vider de sa substance, de sa réalité, horrifia Marie... Elle eut envie de se boucher les oreilles pour ne plus entendre, fuir ce cauchemar dans lequel ils s'enfonçaient tous."
"Avec lui, peut-être, aussi étranger à sa manière au reste de l'humanité qu'elle l'était elle-même, elle pourrait se confier, se laisser aller, être juste une jeune fille amoureuse d'un garçon... Entre monstres, on se comprenait, non ?"
"Etaient-ils assujettis à leur part animale ? Ne pouvait-on aimer différemment ? Ne pouvait-on aimer simplement ainsi, juste pour la personne et ce qu'elle était, sans attendre aucune satisfaction physique, mais uniquement intellectuelle et morale ? Dans ce cas, était-ce encore de l'amour ? Ou seulement de l'amitié ? Et après tout, l'amitié n'était-elle pas une forme d'amour libéré des contingences du corps ?"
"Chaque chose, dans cet univers et les autres, a son prédateur... Cthulhu est un prédateur de réalité."





Commentaires