Du thé pour les fantômes - Chris Vuklisevic
- mandyrighini
- 20 avr. 2025
- 3 min de lecture
Du thé pour les fantômes
Chris Vuklisevic
Paru en 2023
Chez Denöel

Résumé :
"Quand on est vivant, on occupe les places que les morts ont laissées. C’est la règle." Agonie est sorcière. Félicité, passeuse de fantômes. Le silence dure depuis trente ans entre ces deux filles de berger, jusqu’au jour où la mort brutale de leur mère les réunit malgré elles. Pour recueillir ses derniers mots, elles doivent retrouver son spectre, retracer ensemble le passé de cette femme qui a aimé l’une et rejeté l’autre. Mais le fantôme de leur mère reste introuvable, et les témoins de sa vie, morts ou vivants, en dessinent un portrait étrange, voire contradictoire. Que voulait-elle révéler avant de mourir ? Qui était vraiment cette femme fragmentée, multiple ? Leur quête de vérité emmènera les sœurs des ruelles de Nice au désert d’Almería, de la vallée des Merveilles aux villages abandonnés de Provence, et dans les profondeurs des silences familiaux. Entrez dans le salon de thé. Prenez une tasse chaude à l’abri de la pluie. Écoutez leur histoire.
Avis :
Le thé recèle de nombreux pouvoirs... Les amateurs ne pourront me contredire. Il y a quelque chose de magique dans cette boisson, une connexion à la nature qui réconforte.
De fait, ce livre semblait pour moi. Lu en LC avec Clem, il était pormetteur. On en ressort quelque peu déconcertées. Je ne suis pas sure de l'avoir apprécié. Et je ne pas pas dire que je n'ai pas aimé. Je crois que le roman a quand même une âme, qu'il faut le lire dans une certaine atmosphère pour mieux goûter sa saveur.
Indéniablement, la plume est belle, poétique. J'ai adoré les métaphores, en particulier lorsque le troupeau de théières a été comparé à des chevaux sauvages. C'était pur, sincère, comme si je pouvais tâter l'essence, l'âme des objets.
Ensuite, la narration est originale avec un étranger qui nous conte l'histoire des sœurs. On se sent pris à partie, obligés de s'aventurer sur le mont Bégo.
Pourtant, une impression de flou ne m'a pas quittée. Les parties étaient en dents de scie : tantôt intenses, tantôt longuettes. Étrangement, nous avons eu la même sensation avec Clem, même si nos choix concernant les sections intéressantes ont divergé. J'ai surtout apprécié les moments sur les outrenoms. Cette pseudo part d'âme résonnait en moi.
Enfin, j'ai regretté qu'au milieu de toute la magie, la sorcèllerie, il y ait si peu de surprise. La fin était parfaite mais j'en attendais plus.
L'éloge du thé reste splendide et le touchant message sur la famille a été entendu.
"Faut pas croire ce qu'on voit. C'est e la connerie à tous les coups.
Non : faut croire ce qu'on regarde."
"Ces et si
ces peut-être
ne nous ont laissé
après tout
que leurs spectres."
"La mémoire, c'est une théière brisée. Pour la retrouver entière et s'y abreuver, il faut de la patience, des morceaux à rassembler, de l'or pour souligner les failles et, pour réunir les pièces, du temps."
"Un outrenom est un reflet : il occupe l'espace qu'on lui donne. Il peut être plus ample que soi, ou soi plus vaste que lui."
"On n'est pas qu'une personne dans sa vie, Clé. Certains te diront qu'on emprunte à l'envi des masques. Moi, je te dis qu'on change de peau, de chair, de squelette et de sang. On ne ment pas en le faisant : on se transforme."





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