Danselame - Georgia Caldera
- mandyrighini
- 13 nov. 2024
- 3 min de lecture
Danselame
Le serment d'Eldenaï, tome 1
Georgia Caldera
Paru en octobre 2024
Chez Scrinéo

Résumé :
Plongez dans un monde autrefois peuplé de titans divins, où Eldenaï a conclu un pacte avec une ancienne déesse pour sauver les siens...
Eldenaï n'aspire qu'à devenir Apsara, une danseuse sacrée au service de Vehl, le dieu-titan dont le corps forme l'île sur laquelle elle vit. Elle y parviendrait très bien s'il n'y avait pas toutes ces voix dans sa tête, qu'elle ne comprend pas mais qui l'épuisent à petit feu.
Jusqu'au jour où l'une d'entre elles, celle de Vehl lui-même, lui ordonne de s'emparer de la Pierre, la source des pouvoirs des chamans fièrement protégée par son temple. Ce même jour où les Célestes débarquent de Stellyon, un astre-titan que l'on croyait désert, pour ravager le monde qu'elle connaissait.
Une seule chose compte désormais : sauver Elandrine, cette petite sœur qui ne sait même pas qu'elle existe. Pour elle, Eldenaï est prête à tout... même à passer un pacte avec une déesse et devenir son bras armé parmi les vivants.
C'est alors qu'elle rencontre le mystérieux Renard, un chaman séduisant à la puissance inégalée...
Avis :
Eldenaï vit dans un monde onirique où les dieux sont à la fois la terre que foulent les humains et des entités qui tirent les ficelles depuis l'Elysium. Pour sauver sa sœur, elle sera contrainte de devenir le bras droit d'une ancienne déesse et d'accomplir sa justice. Cette notion, si tentante au départ, pourrait se retrouver subjective et bouleverser la jeune fille.
Globalement, j'ai apprécié cette fantasy à la limite de la romantasy. Juste parce que Georgia Caldera a un don pour créer des worldbuilding éthérés et mystiques qui entêtent. Et qu'elle donne vie à des persos avec une psychologie atypique. Comme souvent face à ses histoires, la gente masculine a eu ma préférence en la personne d'Estrélios. Ce garçons imparfait aux apparences de marbre est d'une touchante complexité.
A l'instar du livre en vérité. Il est tout en dualité et ambigüité. C'est étrange comme les illustrations -splendides au passage- et les couleurs pastels sont en opposition avec le fond plutôt sombre. J'y ai vu une forme de poésie même si j'imagine que certains pourraient s'y perdre.
Car on est dans un entre-deux. Il manque une petite touche d'intensité par rapport aux habitudes de l'autrice. Et c'est en même temps un peu trop pour un jeunesse. Je pense qu'un public jeune ne percevra pas comme moi certaines allusions, voire pourra s'y méprendre.
Tout est remis en question. La notion de culpabilité et de bien fondé, de principe et de moralité. Il y a aussi un fond de religion non négligeable. D'autres thèmes durs sont abordés mais le plus dérangeant reste la question du consentement, sujet cher à l'autrice.
Alors avec cet univers qui m'a fait penser au Château solitaire dans le miroir -posez pas de question, ça doit être le masque- on n'a fait qu'en effleurer la surface. Le PT final est insane et je me demande comment tout ça va tourner...
"Tu n'auras aucune chance de te lier à elle si elle te croit dépourvue d'érudition. Selon elle, les pires fautes sont souvent commises par ignorance, vois-tu ?"
"Tu devras m'obéir en toute chose et en toute circonstance. Tuer lorsque je l'exigerai, chaque fois que ce sera nécessaire. Tu devras te plier à mes décisions, même lorsqu'elles te sembleront obscures, que tu les jugeras arbitraires ou trop sévères"
"-Dis-moi, Renard, l'interpellai-je [...] Tu es toujours aussi désagréable, ou suis-je la seule à qui tu réserves cette condescendance crasse et cette suffisance exaspérante ? [...]
-Non, rassure-toi, repartit-il néanmoins. Je sui bien pire d'ordinaire. Là, je me montre plutôt sympathique, en vérité."
"Daïana s'est servie de mes faiblesses contre moi et, à présent, je le fais subir à d'autres à mon tour... Parce que cette fichus princesse a raison : je suis comme elle. Vicié, totalement corrompu de l'intérieur."
"Je me surprenais à éprouver une certaine satisfaction à la perspective d'accomplir la vengeance de ma déesse.
Il était inutile de chercher à tout prix une culpabilité que je ne ressentais pas. En faisant ce que le Kannushi aurait qualifié de mal, je savais que j'accomplissais le bien..."
"-Merci, chuchota-t-elle. Merci d'avoir été là au bon moment...
Ce mot, prononcé simplement, me fit l'effet d'une caresse sur mon âme à vif. Il fallait reconnaitre que, n'agissant la plupart du temps que par devoir, je l'avais peu entendu au cours de mon existence. Aussi rendit-il cet instant de détresse et d'abandon plus étrange, plus inédit encore..."
"Mange ce fragment de mon cœur, fille d'Entre les Voiles."





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